• Camille

LES BLESSURES ÉMOTIONNELLES

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous réagissiez (toujours) de telle manière dans telle situation ?

Aujourd’hui, j’ai vécu une situation qui a activé en moi la peur. Il n’y avait aucun danger apparent, simplement un danger venant de l’intérieur, la peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas être à la hauteur… pour qui, pour quoi, que signifie être à la hauteur ? Puis, je me suis rappelée que 98% de nos peurs actuelles sont infondées, car elles viennent des mémoires de l’enfance. Elles n’ont plus de raison d’être en tant qu’adulte, car nous n’avons plus les mêmes besoins que lorsque nous étions enfants. En revanche, si ces besoins n’ont pas été suffisamment comblés, l’enfant met en place des mécanismes de défense qui perdurent à l’âge adulte.

C’est quoi ces mécanismes au juste ?


Ce sont des « astuces » comportementales et réactionnelles que nous avons mises en place pour nous protéger de la douleur induite par certaines situations vécues enfant. Lorsque nous sommes confrontés à une situation qui se rapproche de celle que l’on avait vécue et pour laquelle nous avions adopté une posture de défense, ces mécanismes s’enclenchent automatiquement. Ils sont la plupart du temps inconscients, bien qu’ils fassent partie intégrante de notre quotidien. Ils se manifestent dans notre rapport aux autres, dans la vie sociale, sentimentale, professionnelle, mais également dans notre rapport à nous-mêmes puisqu’ils ont un impact sur l’estime de soi, la confiance en soi et l’affirmation de soi. Pour déconstruire ces mécanismes de défense, il est utile d’observer les situations dans lesquelles ils se déclenchent. Ils peuvent s’exprimer de différentes manières : dévalorisation de soi, déni des besoins, peurs, blocages, croyances limitantes, regard critique sur l’extérieur, sur l'autre, etc.

Comment se manifestent-ils ?


Les mécanismes de défense sont enclenchés pour se protéger de la douleur induite par une blessure émotionnelle vécue dans la petite enfance : la blessure d’abandon, la blessure de rejet, la blessure de trahison, la blessure d’humiliation et la blessure d’injustice. Sans aller jusqu’à expliquer en détail l’origine et la manifestation de chacune d’entre elle, je souhaite illustrer cet article à travers la blessure d’abandon, pour que vous puissiez comprendre concrètement de quoi il s’agit.


Durant l’enfance, nous avons besoin d’une figure d’attachement pour nous sécuriser intérieurement et extérieurement, représentée par le parent du sexe opposé. Lorsqu’elle n’est pas suffisamment comblée, on parle de blessure d’abandon. Il ne s’agit pas forcément d’un abandon au sens premier du terme, mais plutôt d’une situation vécue comme telle. Cela peut par exemple résulter de l’absence totale ou occasionnelle d’un parent, qu’elle soit physique ou affective.

À l’âge adulte, la blessure d’abandon peut engendrer une dépendance affective, ce qui a un impact dans les relations sociales qu’elles soient amicales, sentimentales ou professionnelles. L’adulte dépend de la reconnaissance ou de l’amour de l’autre. La dépendance peut aussi s’exprimer à travers des comportements addictifs qui viennent combler le manque affectif de notre enfant intérieur (addiction à la nourriture, l’alcool, la cigarette, la drogue, le sexe, etc). La blessure d’abandon peut également engendrer une posture de rejet vis-à-vis de l’autre, d’autant plus quand il s’agit d’une personne en qui nous voyons un potentiel, quel qu’il soit. Par peur d’être à nouveau « abandonné », l’adulte adopte un comportement évitant et ne se laisse pas la possibilité d’être approché.

Dans les faits ça donne quoi ?


À titre d’exemple, j’ai grandi dans un environnement presque exclusivement féminin, dernière d’une fratrie de trois filles. Mon père était absent la semaine pour des raisons professionnelles, je ne le voyais que le week-end. La fréquence de nos retrouvailles n’était pas suffisante pour combler les besoins affectifs, c’est pourquoi mon enfant intérieur (j’avais 4 ans à l’époque) a vécu cette situation comme un abandon. En grandissant, il s'est ensuivi un mécanisme de défense qui a associé la figure masculine à une émotion négative, la peur. Dans certaines situations, cette émotion primaire déclenchait une mise à distance, afin d'éviter toute forme d’abandon ou de rejet. C’est en allant à l’origine de cette peur et en l’accueillant qu'il a été possible de comprendre et de déconstruire ces mécanismes, inconsciemment, mais fermement mis en place.


La bonne nouvelle, c’est que nous avons tendance à nous diriger vers les personnes qui vont nous faire reproduire ces mêmes schémas pour nous permettre de travailler ces blessures jusqu’à ce qu’elles soient conscientisées et guéries.


Pour aller plus loin dans la compréhension et la manifestation des blessures émotionnelles dans notre vie, je vous conseille l’ouvrage de Lise Bourbeau : les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même.

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