• Camille

LE VOYAGE INTÉRIEUR

Le voyage engendre un changement d’état physique, mental, émotionnel et identitaire. Au-delà de la découverte d’une nouvelle culture, d'une nouvelle langue, de nouvelles coutumes, de nouvelles habitudes, c’est un voyage intérieur qui s’opère. S'il y a une chose essentielle que les voyages nous apprennent, c'est que la vie est un chemin et non une fin en soi. Rien n'est définitif, rien n'est acquis, rien n'est écrit.

En revanche, tout commence par un premier pas. Voyager, c'est décider d'ouvrir une nouvelle porte.

Voyager, c'est décider d'agrandir sa maison en prenant possession d'une nouvelle pièce. L'ouverture des cartons s'accompagne d'un mélange d'émotions teintées de nostalgie et d'excitation. On se rend compte que certains objets auxquels on tient ne sont pas adaptés à cette nouvelle pièce. Il est difficile de s'en séparer bien que cette étape de tri soit nécessaire pour y voir plus clair afin de passer au rangement. Pour vous intégrer à ce nouvel environnement, il faut à mon sens passer par une phase d’introspection pour comprendre ses besoins et distinguer les anciens des actuels. De quoi ai-je besoin ?  Il faut parfois plusieurs semaines pour répondre à cette question, et plusieurs mois pour accueillir les réponses. Le plus important est de trouver le juste milieu entre ce dont nous avons besoin pour nous sentir bien, et ce dont nous devons nous séparer pour s’ouvrir à de nouvelles possibilités. Pour continuer en métaphore, un lit n'a aucune utilité si vous décidez d'investir une cuisine et inversement. Lorsque nous avons pris le temps de comprendre ce dont nous avons besoin et de trier en conséquence, il est temps de passer au rangement. Il ne s’agit plus seulement de comprendre ses besoins, mais aussi de comprendre comment ces derniers se manifestent et dans quelles circonstances.

Ranger permet de voir plus clair.

On se rend compte de ce que l'on a et de ce que l’on n’a pas. On se rend compte de quoi on peut se passer et de ce dont on a réellement besoin. Parfois (souvent) il manque un meuble, une pièce détachée. On fait avec les premiers jours, les premières semaines. C’est une situation inconfortable qui peut engendrer une remise en question, un sentiment de solitude, de manque, la sensation de ne pas être là où on devrait être. Cet inconfort est temporaire à condition de se mettre en action pour provoquer les changements nécessaires.

La meilleure solution est de sortir pour aller à la rencontre des pièces manquantes. Je me permets ici de faire un parallèle avec les rencontres en voyages, ce qui fera d'ailleurs l'objet d'un prochain article.   

Comment je fonctionne ? Vient ensuite l'étape de l'agencement. On essaie plusieurs combinaisons possibles, plus ou moins satisfaisantes. Parfois, c'est rapide, parfois ça prend du temps et l'agencement est un peu plus long. Certaines personnes s’adaptent rapidement aux changements et aux nouveaux environnements. D’autres ont besoin de plus de temps. Ne vous blâmez pas pour ça et acceptez de vous sentir dans l’inconfort de la nouveauté. Chacun va à son rythme. Peu importe le rythme auquel vous avancez tant que vous ne vous arrêtez pas en chemin. Laissez-vous porter par les expériences. Faites confiance à la vie. Elle mettra sur votre route des opportunités, des difficultés, des rencontres, des hasards qui vous feront avancer. Puis, vient le jour où on réalise que l’on n’a pas effectué une seule modification depuis un long moment.

On est bien. On se laisse porter. On est dans l'instant présent.

Il ne reste plus qu'à profiter des bénéfices de cette nouvelle pièce. 

Et lorsque le moment sera venu, choisir de continuer à agrandir la maison, ou pas.


Si vous souhaitez en savoir plus sur le processus psychologique de l'expérience d'expatriation et les différentes étapes qui y sont relatives, je vous conseille de vous renseigner sur la notion de choc culturel et de choc culturel inversé, que je nommerais plus joliment le voyage du retour.